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Germaine Louis, résistante, déportée à Ravensbrück et Holleischen, a connu l’horreur des ignominies lors de la Seconde guerre mondiale… pour une gifle. Parce que cette employée agricole besogneuse a eu le courage de se défendre face à un soldat allemand ivre et irrespectueux qui l’importunait dans la rue, elle fut arrêtée en Normandie le 3 mai 1943. Elle avait 20 ans. Crâne rasé, habits de bagnards, travail harassant et actes de torture composent son quotidien, l’indicible.

C’est aux côtés de ses deux “soeurs de survie” Thérèse et Ginette, avec qui elle a tout affronté, que Germaine Louis s’organise en sabotant l’usine de munitions dans laquelle elle travaille. Si elles doivent mourir, ce sera en résistant ! Cette résistance, c’est sa force de survie. Elle la puisera et la partagera jusqu’à la libération des camps et la transmettra tout au long de sa vie, entourée de ses trois enfants et de son époux Georges Albert Louis, déporté en 1944 au camp de Neuengamme, Sachsenhausen et Falkensee.

Présidente de l’Association Républicaine des Anciens Combattants et de la Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants Patriotes, elle sera en 2010 élevée au rang de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur. Germaine Louis, appelée “Mimi” par ses amis déportés et résistants, a contribué à entretenir le devoir de mémoire tout au long de sa vie. Lors des cérémonies mais pas seulement, auprès des écoliers également.

Après avoir marqué l’histoire du sceau de son courage et de sa force d’âme, Germaine nous laisse pour un repos éternel amplement mérité… Ne pas oublier, c’est se souvenir des leçons de l’histoire. Le jardin en contrebas du cimetière dénommé en 2014 “Germaine et Albert Louis” nous transmet et nous rappelle ce souvenir.