Je vis

Conseiller municipal

 

Cadre dans le secteur bancaire

Domaine de compétences :

  • Membre de la commission 1 : administration générale, finances, ressources humaines, affaires réglementaires, numérique
  • Membre de la commission 3 : affaires scolaires, culture, sport, vie associative, événementiel, solidarités
  • Membre titulaire au sein de la commission Délégation Services Publics

Discours à Jean-Michel Guerre

Cérémonie Républicaine d’Hommage

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Représentant de l’Etat,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Autorités civiles et militaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Chères Bellerivoises, Chers Bellerivois,
Chère Jocelyne, Chers Tous,
Chers Camarades,
Mesdames et Messieurs,

Le parcours politique de Jean-Michel Guerre débute en 1973, alors qu’il a 18 ans, avec comme volonté la défense du programme commun de la gauche qui le conduira à militer sans relâche pour la campagne présidentielle de François Mitterrand de 1974, puis la campagne victorieuse de 1981.

Progressivement, il se rapproche de Jean Poperen (Député-Maire de Meyzieu) et s’investit avec d’autres camarades dans un courant de pensée centré autour de la laïcité, de l’union de la gauche, de l’internationalisme, du front de classe et du contrat social. Courant qu’il a contribué à structurer et à développer dans notre département à travers un inlassable travail de formation.

Il devient membre de la direction départementale du Parti Socialiste de l’Allier en intégrant le Secrétariat Fédéral en mars 1990, il y siégera durant de nombreuses années.

Parallèlement, il devient Conseiller municipal d’opposition à Vichy en 1989, après avoir été candidat pour la première fois, en 1982, à l’occasion des élections cantonales. Il s’installe par la suite à Bellerive sur Allier, sa ville, où il conduira une liste en 1995. Il siégera dans l’opposition après avoir perdu le scrutin de 116 voix.

En 2001, il devient Maire. Il mettra alors en œuvre des politiques communales ambitieuses, notamment à travers :

  • la construction du Geyser, un outil pour promouvoir l’accès à une culture populaire au service de tous les Bellerivois,
  • le retour à une régie publique de gestion de l’eau, pour que l’exploitation de cette ressource naturelle essentielle ne fasse l’objet d’aucune spéculation, car elle représente un bien commun,
  • la rénovation du Château du Bost, marqueur de la volonté de disposer d’outils d’attractivité et de développement touristique et économique pour notre territoire
  • Jean-Michel Guerre fut aussi à l’origine de mesures plus symboliques mais porteuses de beaucoup de sens pour le républicain humaniste et socialiste qu’il était, comme l’inauguration du square des 80 Parlementaires.

Devenu Président de Vichy Val d’Allier, il œuvre au sauvetage du CREPS, à la construction de l’avenue de la Liberté qui a rendu possible la réhabilitation du quartier de Presles, ainsi qu’aux premières réflexions sur l’aménagement des rives d’Allier.

De Jean-Michel Guerre je me souviendrai :

  • de l’homme de culture, à travers sa carrière professionnelle et son engagement associatif : la présidence de Musiques Vivantes de 1977 à 2004, la présidence de l’Orchestre d’Auvergne de 2004 à 2010, et bien d’autres responsabilités justement honorées par ta nomination dans l’Ordre des Palmes académiques ainsi que dans celui des Arts et des Lettres.
    Cette culture que tu aimais tant partager avec tous, avec nous, avec moi, en parlant des heures de musique, de ton orgue, de Thiers, de ce conservatoire de musique où tu enseignais encore il y a moins de 5 ans, avec la volonté encore et toujours que la musique, même classique, soit accessible et à la portée de tous, notamment des plus jeunes.
  • de l’homme de conviction, qui a gardé comme fil conducteur de son action la défense de ses idées pour une société plus juste, plus égalitaire, plus solidaire, plus écologique et surtout plus respectueuse de toutes celles et de tous ceux qui la composent, dans toutes leurs diversités.

Mais Jean-Michel, c’est aussi un homme de transmission, qui a toujours pensé que les mandats n’appartenaient pas à ceux qui les détenaient et que sa responsabilité était de partager son expérience, ses connaissances, sans jamais que sa présence et ses conseils ne soient une tutelle ; avec une grande confiance dans la jeunesse.

Jean-Michel m’a transmis, comme à de nombreuses militantes et de nombreux militants, son désir de combattre les inégalités, d’être l’acteur d’une société plus juste.

Mais avant tout cela, ma rencontre avec toi, Jean-Michel, fut la rencontre d’un camarade, devenu un ami, un confident, un repère indéfectible et un soutien constant qui m’a transmis son envie d’apprendre, sa soif d’agir, son humanité.

La force de l’engagement politique est de permettre des rencontres d’hommes et de femmes, venus d’horizons différents, dont les chemins n’étaient pas prédestinés à se croiser, comme celle d’un jeune étudiant de 20 ans et du Maire de Bellerive et Président de Vichy Val d’Allier.

“Bâtisseur”, “accessible”, “bienveillant”… Les qualificatifs n’ont pas manqué depuis quelques jours et je crois que les hommages qui se multiplient, y compris de personnalités qui furent des adversaires, démontrent bien que l’héritage que tu nous laisses s’impose à tous par son ampleur.

Pour ma part, de ces 10 années passées à tes côtés, je retiendrai cette qualité que seuls les Grands possèdent : l’humilité. L’humilité d’un homme passé par les plus grandes responsabilités municipales, intercommunales et régionales, reprenant le chemin des boîtes aux lettres des Bellerivois pour distribuer des tracts et redevenir le militant qu’en vérité, tu as toujours été, lorsque tu as décidé de tourner la page de ton engagement d’élu et de pousser notre liste, comme tu aimais à le dire, sur laquelle tu nous as fait l’honneur de figurer en dernière position.

Je n’oublierai pas la place si particulière que ta famille et toi m’avez accordée au fil des mois et des années à vos côtés.

Il est des rencontres dans une vie comme il en existe peu, de celles qui forgent un parcours, qui permettent de grandir, qui sont si précieuses ; cette rencontre en fait partie.

Léon Blum disait, « L’homme libre est celui qui n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de sa pensée ». Le message et l’espérance que tu nous a transmis, que tu m’as transmis, sont ceux d’un homme qui n’a eu de cesse de servir la société en conservant comme boussole les valeurs auxquelles tu croyais, dans l’espérance des lendemains qui chantent, dans la fidélité, dans la camaraderie…

A toi, mon ami, mon camarade, repose en paix.

C’est à notre tour de défendre fièrement ton héritage, tes valeurs et ta mémoire.

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